Les Récits

L'ours des Laurentides

L'Ours

Janvier 2025 Alex m’appel.

Il prévoit d’organiser un gros séjour à l’ours pour 2026.

Ma réponse est oui avant qu’il ne termine sa question. Je ne pouvais pas rester sur une désillusion.

Octobre, confirmation de l’expédition. À distance nous nous organisons pour prendre les mêmes avions pour un départ début juin.

Ce qui laisse quand même une longue préparation, mais comme souvent tout se fera au dernier moment. J’ai reçu par le vieux à la barbe blanche mon nouveau compagnon de sortie mais la fin de saison m’oblige à rester avec le Lift.

Il passera plus tard en back-up. L’option prise et de pouvoir basculer les accessoires de l’un à l’autre. Après moultes réflexion je partirai avec le Lift ce qui m’impose de refaire les réglages du viseur qui a retrouvé sa place initiale. Et ceux la semaine précédant la date fatidique. Le camion quant à lui est prêt la veille du départ pour le Gers. Le choix de décoller de Toulouse me permettra de poursuivre mon expédition dans les Pyrénées dès notre retour.

Le Point négatif de cette organisation et que le vol pour Québec s’effectuera avec deux longues escales au lieu d’un direct en partant de la capitale.

Samedi 06 juin, moteur en marche à 09h00 et après une petite pose rapide chez des amis à Marmande, je pose enfin le camion chez Alex à 18h30.

Début des déconvenues.

Devant la pizza, nous constatons que suite aux multiples décalages des horaires d’avions survenus durant les six derniers mois nos billets retours ne correspondent plus.

Lui rentre bien le samedi comme prévu alors que mon décollage de Québec est reporté au dimanche.

Moment de stresse car cela lui imposerait la prise d’une matinée de plus de vacances pour venir me récupérer le lundi matin à l’aéroport.

Bon, les escales à Munich et Toronto devraient nous permettre de résoudre ce petit contretemps.

Réveil 04h00, sa pique un peu sachant que le petit détail précédemment cité nous a tous les deux perturbé.

Tous se passera bien à Toulouse avec tout de même une petite accélération du cardio lorsque l’hôtesse nous dira que nos AVE ne sont pas bon avant de rectifier. Oufff.

Cinq heures à Munich ou aucun problème majeur ne sera à déplorer.

Toronto, c’est là que cela se complique.

Comme pour le séjour précédent, il faut passer par la case douane en replissant le questionnaire à la machine.

À la question importez-vous des armes à feu ou autre il est conseillé de répondre par l’affirmative.

Le billet et imprimé et l’attente dans la file pour un contrôle physique débute.

Panique chez le policier qui sort de son kiosque pour interroger son voisin.

Et comme la dernière fois un signalement et lancer pour extraire nos bagages de la correspondance pour un contrôle.

Nous descendons donc au sous-sol pour rejoindre les douanes.

J’explique la situation à un nouvel agent.

Entre temps, suite aux informations apportées par Alex en précisant qu’il ne s’agissait là que d’arcs, un second douanier nous annonce qu’effectivement il n’y a rien de particulier et que nos bagages seront bien renvoyés sur le vol vers Québec.

Le doute s’installe.

Nous passerons le reste de cette escale à essayer de connaître la position de nos deux valises. Renvoyés à plusieurs guichets sur plusieurs étages.

Normalement c’est bon.

Ce qui sera notre devise durant ce séjour.

Nous profitons des dernières minutes pour régler le problème du mon retour.

Normalement c’est bon.

Arrivé à Québec après un vol du type Futuroscope ou grand 8, nous débarquons pour une longue attente dans la salle des bagages.

Comme nous le craignons les deux valises sont manquantes.

Mathieu, le bosse de la pourvoirie nous rejoint pour remplir les dossiers au bureau des réclamations.

01h30, nous quittons enfin l’aéroport avec un des deux Guillaume qui est arrivé plus tôt par un vol Air Transat.

Sortie du terminal et trois biches sur le bas-côté nous laissent les observer.

Une bonne heure de route et nous parvenons enfin à la destination finale.

Un petit chalet en bord de lac pour trois archers exténués.

Malgré la fatigue et le décollage horaire son confort ne nous autorisera pas la bonne nuit de sommeil tant espérée.

Début de matinée avec un petit déjeuner à la canadienne et quelques tubes décochés pour Guillaume. Le Guillaume 2 arrivé également la veille mais beaucoup plus tôt était resté à l’hôtel, nous rejoindra pour midi. Dans son sillage enfin nos bagages déposés par Mathieu.

Un grand ouf de soulagement.

Le petit déjeuner pas encore digéré que nous repassons à table.

Le temps de remonter le viseur sur le Lift et lâcher quelques flèches de vérification que déjà nous devons partir au poste.

J’embarque dans le char de Mathieu avec Alex pour le début du parcours. Sur la seconde partie je bascule dans le véhicule d’Éric sur une bretelle pour rejoindre enfin mon poste.

Il y a 120 spots environ sur les 4000 km2 que représente la zone de chasse avec plus de 2000 lacs. C’est gigantesque et magnifique.

Après une heure de route, mon guide stop le 4x4. Débarquement en toute discrétion pour les derniers mètres. Je grimpe sur l’échelle pour m’installer sur le Ts. Je fixe l’assurance sur l’arbre d’à côté et prépare la cam, découpe quelques branches de sapins posées en paravent.

Pour un tir assis, je devrais me pivoter légèrement et avancer sur le siège pour que le bas de ma poignée ne touche la branche qui supporte tout le camouflage. Un tir debout ne sera pas possible, une branche de sapin trois mètres devant obstrue la vue et les deux de derrières m’empêche d’armer.

Je suis bien en place. Les écureuils se chamaillent et se courent après dans tout le bois en sifflant leurs mécontentements lorsqu’ils se retrouvent à partager leurs pitances au « bait » . Les minutes s’écoulent avec ce spectacle distrayant. Puis….

Plus rien. Les squirels ont disparus alors qu’une masse noire descend sur le bidon. Le cardio s’accélère. Mon manque d’expérience ne me permet pas d’évaluer correctement son poids mais je sais qu’il est plus gros que lors de mon premier séjour.

C’est le premier soir alors bien sûr la question se pose.

Tirer ou ne pas tirer???

Il semble inquiet, lève régulièrement le museau en l’air pour détecter un éventuel danger.

Il se lève, disparaît pour revenir quelques minutes plus tard.

Troisième apparition, c’est peut-être un signe. Il faut savoir saisir l’opportunité quand elle se présente. J’arme doucement et me décale sur l’assise. Sur cette boule noire ce n’est pas évident de trouver le pou sur le poil des poumons. Le tube est déjà parti, traverse l’animal et se fige dans un tronc au raz du fût. L’ours trébuche et disparaît d’où il est venu. J’ai mémorisé la trajectoire de l’encoche lumineuse et cette fois je crois que je suis un peu haut. Ça ne va pas recommencer.

Je reste concentré et surtout à l’écoute. Quelques secondes s’égrènent. Le silence est troublé par du bois cassé et ce qui me semble être le dernier râle.

C’est ce que j’attendais. Ce dernier souffle qui résonne dans la forêt que produit cet animal avant de partir. Mais le doute est toujours là, je m’empresse de vérifier la vidéo. Sa position s’avère un peu différente que ce que je pensais lors de la décoche. Je descends l’arc et me rend à l’anschuss. Je constate que le tube n’est pas vraiment imprégné. À coup de couteau je libère la lame de la bûche mais pas plus d’indice. Je parcours les premiers mètres sur la piste qu’il a emprunté à leurs recherches sans succès. Ce n’est pas pour me rassurer.

Je sais que c’est un animal qui ne laisse pas forcément de voie.

Je remonte sur le TS et bascule la vidéo du tir sur le mobile pour visualiser au ralenti.

L’analyse de la trajectoire ne peut pourtant laisser aucun doute et se sont dans le bois était à coup sûr ce que j’espérai.

Je désinstalle le support cam, charge mon sac et descend du Ts. Je quitte la zone tranquillement pour rejoindre la piste.

Il est encore très tôt et la récupération se fait à la nuit.

Par chance, à peine sur le point j’entends un véhicule.

Je l’intercepte et demande au conducteur s’il m’était possible de lui emprunter son mobile afin de prévenir Mathieu.

L’attente ne sera que de quelques minutes. Il était déjà en chemin.

Je lui explique la situation. Il s’équipe et nous voilà reparti à l’anschuss. Je prends la voie et indique à mon pisteur la direction dans laquelle il me semble avoir entendu l’agonie, alors que je me décale dans la pente à la recherche d’indices.

Il ne faudra pas très longtemps pour que l’annonce de la mort ne me sorte de mes pensées.

Je rejoins Mathieu qui est tout aussi contant que moi.

Quelques clichés dans le biotope et nous rebroussons chemin avec un ours.

Détour sur un spot en altitude qui domine une grande zone du territoire pour une nouvelle séance de photos.

Il nous restera au moins deux bonnes heures à tuer en attendant la nuit pour le pickup d’Alex qui n’aura rien vue ce soir.

Les deux Guillaume auront eu de l’action sur leurs postes.

Le lendemain matin, découpe de quelques morceaux d’ours en prévision d’un déjeuner suivi d’une petite séance d’optimisation du matériel pour les deux G.

Le soir Guillaume A. m’autorisera à l’accompagner pour le filmer.

La réussite sera au rendez-vous avec également un bel ours d’une centaine de livres. Une petite recherche sera nécessaire malgré la cinquantaine de mètres parcourus.

Sans indices, je m’étais stoppé avant de franchir le ruisseau et en fait il était juste après. Le chien lui, n’a pas hésité une seconde.

Le mercredi j’accompagnerai Alex qui n’a rien vu des deux premiers soirs.

La situation se débloque vers 20h35 avec un beau spécimen descendant au bidon.

La luminosité est plus basse et lorsque j’allume mon portable en mode vidéo, le flash éclaire tout le blind. L’ours quitte la zone. Alex est dépité, et moi, mortifier. Heureusement 10 minutes plus tard la masse sombre est de retour.

Inquiète mais présente, mais cette fois c’est le son du pickup sur la piste qui le fait fuir.

Sans moyen de communication sur ce spot, Mathieu passe de temps en temps pour s’enquérir de la situation.

Personne sur le point, il poursuit sa route mais pour nous c’est la seconde chance qui file.

Par chance après un quart d’heure de plus, l’ours est de retour et cette fois rien pour venir contrarier l’action.

L’impact résonne dans le bois et après quelques mètres le râle salvateur.

Nous rangerons nos affaires et déposerons l’ours au rdv en attendant le passage de notre chauffeur.

Guillaume L. Sort enjoué du 4w4, il a fléché également son ours à collier vu la veille.

Nos missions effectuées nous pouvons donc honorer l’invitation de Mathieu en partant le lendemain soir au 1 an d’ouverture du restaurant de son petit frère Cablou.

Ce fut une superbe soirée avec grosse ambiance.

La décision est prise que nous retournerons à Québec le vendredi après-midi pour faire quelques emplettes.

Nous resterons sur place à l’hôtel après un petit resto sympa dans la vieille ville.

Le samedi matin arrive vite et il est temps de laisser les deux Guillaume pour aller à l’aéroport.

Le retour sera aussi long mais sans encombre.

Grand merci aux Maniak pour l’organisation de ce séjour et plus particulièrement à Mathieu, à Alex de nous l’avoir proposé sans oublier les deux Guillaume.

Une super ambiance.

Un merci particulier en plus pour Guillaume A pour les deux derniers jours.

En attendant le prochain départ….

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