Les Récits

La chevrette du Palais

La chevrette du palais

Mardi soir.

Le Saddle est resté en place suite au prélèvement du renard et la rencontre avec les capréolus me conforte dans le fait qu’ils fréquentent bien le secteur. Aurélien quant à lui a préféré démonter pour se rapprocher du Palais dans un petit chêne d’une haie ou les animaux ont pris l’habitude de passer.

18h00 nous partons nous mettre en place. À quelques mètres de mon spot un animal fuit en aboyant dans le sous-bois. Les vents ne sont pas bons. La soirée est longue sans aucune activité lorsque de cette même direction plusieurs éternuements résonnent à une trentaine de mètres. Je jumelle dans la clairière mais rien ne bouge. Les minutes passent et enfin sur ma gauche, du côté du chêne aux barbelés, ils sont là. La première passe rapidement le long des fougères pour gagner la prairie tandis que deux chevrillards font des allers-retours toujours à distance de sécurité. C’est au tour d’une belle chevrette d’apparaître sous le chêne pour croquer une poignée de gland.

Les chevrillards rentrent à couvert un peu agités. Du coin de l’œil je vois la première chevrette qui s’était éloigné d’une centaine de mètres revenir tranquillement toujours en longeant les fougères.

L’Arc est encré en main alors que la seconde saisie la paire de jumelles. Elle est arrêtée plein travers et le télémètre m’annonce 22 mètres.

Je me décale, pousse sur les jambes pour m’éloigner du tronc en prenant des appuis stables pour placer mon arc dans la fenêtre.

L’armement est lent et contrôlé pour poser le pin’s sur la pointe du coude.

Le diamètre de fibre en 0,10 sans système d’éclairage est vraiment un problème auquel il va falloir que je m’attelle rapidement.

La flèche vol vers son objectif, la chevrette bondit à l’impact, alors que le tube ricoche au sol. Je distingue nettement l’encoche lumineuse plusieurs mètres derrière. Le son émis semble indiquer qu’elle a bien atteint son but mais j’ai l’impression d’être un peu devant. C’est la débandade, je n’ai pas de visibilité sur leur zone de fuite et un des animaux, certainement le tiré aboie dans les fougères. Quelques secondes s’écoulent et un bruit de fuite peu discret pour un chevreuil se fait entendre. Je laisse passer un peu de temps et descends de mon perchoir. Je pose mon sac et mon Arc à l’anschuss et avance pour récupérer le tube.

Son analyse est simple et terrifiante.

La flèche est dépourvue d’indice si ce n’est un peu de gras sur une vanne. L’enthousiasme retombe. Que s’est-il passé ??

La recherche débute un peu au hasard en faisant des demi-cercles. La première goûte sera trouvée à 12 m, suivie de plus grosses un mètre plus loin et de nouveau plus d’indices. Je fais appel à un amis pour m’aider à jalonner dans le carré de fougères. Le temps qu’il arrive je poursuis mes investigations en essayant de dépasser cette végétation entrelacée dans la direction où j’ai cru entendre casser du bois. Au passage d’une petite déception en rentrant dans la forêt je retrouve enfin une piste aux sangs bien marquée et mon animal étendu dix mètres plus loin.

Enfin soulagé je lâche un cri « contenus tout de même » de satisfaction.

Sur cet antre fait Aurelien me rejoint.

Nous refaisons la piste pour cette fois apposer la bague et ramener l’animal.

Retour au palais et chargement dans le camion pour aller faire la venaison chez le propriétaire.

À l’issu se sera un petit diner frugal préparé rapidement avec pour célébrer ce prélèvement une participation au bon développement de nos viticulteurs avec un petit verre de vin rouge. 23h00, direction le paddock après cette journée bien remplie.

Tir 22 m

Fuite 34 m

Lame Striker G5

Atteinte aorte

Poids 19 kg

Chevrette au palais

Un renard au Palais

Un renard au Palais

Fin septembre, j’ai enfin une dispo pour un séjour au Palais.

Aurelien m’a rejoint pour deux jours.

Pour cette sortie, ce sera un poste en lisière de bois et de prairie que j’avais déjà équipé la saison passée sans pour autant avoir pu y prélever.

Le compte rendu de mon cousin qui était sur le terrain le week-end précédent me faisait état d’une fréquentation intéressante sur le secteur.

Le passage au chêne aux barbelés et une grosse coulée sont à respectivement 20 mètres de part et d’autre de mon arbre.

L’installation est rapide sans à avoir à créer de nouvelles fenêtres de tir. Juste une petite modification de l’orientation de la plateforme pour plus de confort.

Le premier soir sera riche en rencontre avec un beau sanglier qui sera visible entre les arbres en plein jour, des chevreuils et deux renards en soirée mais tous resteront à distance vitale.

Mardi matin encore à la nuit nous partons aux postes de la veille. Malgré une approche lente et discrète avec la petite pluie de la nuit une chevrette dans l’angle du champ à proximité de l’affût donne l’alerte et disparaît dans le bois.

C’est souvent le cas car le terrain est difficile à exploiter et les animaux restent souvent toute la nuit sur les pâtures et les contournements dans les bois impossibles car beaucoup trop bruyants.

L’astre commence à pointer ses premiers rayons au travers des nuages quand je distingue un mouvement dans le milieu du pré. Un coup de jumelles me confirme la présence d’un renard qui mulote en s’éloignant en direction de la haie opposé.

Hulahup barbatruc, je me transforme en une pauvre petite souris agonisante, lançant des appels de détresses. Ce qui avait laissé sans aucune réaction le renard de la veille, celui-ci tourne la tête, s’immobilise deux secondes pour localiser la provenance de ce futur en-cas et se dirige droit sur ma position. Je call à nouveau alors qu’il se trouve à une quarantaine de mètres pour lui confirmer la direction. Au petit trot le voilà qui arrive. L’Arc est en main la posture adaptée à un tir fichant. Sous mon arbre à cinq mètres je prends le tir avant qu’il ne lève la tête. La flèche le traverse et reste figée en terre. Il arrive à s’en extraire, part en faisant des ronds et disparaît dans les fougères en bordure de bois.

Je descends à l’anschuss pour éteindre l’encoche lumineuse et remonte me percher.

Je laisse quelques minutes s’écouler et décide d’aller prospecter alentour.

Je verrais une chevrette avec deux chevrillards mâles et plus loin, un chevrillard dans une mare asséchée et sa génitrice que je n’avais pas repérée. Ces deux dernières m’offriront un beau concert de voix.

Le moins drôle c’est qu’au retour à mon Saddle je suis surpris par deux autres animaux qui se trouvaient à une vingtaine de mètres de celui-ci.

Dommage.

Je contacte Aurelien pour effectuer la recherche du renard ensemble.

Il n’aura parcouru que 51 mètres de fuite dont 9 sous le couvert.

Atteinte peut être pointe de poumon, foie et intestin.

Il est temps de rentrer prendre le petit déjeuner.

Renard du palais

Le sanglier des Conches

Lundi 14 septembre 18h00, rendez-vous à Longevilles pour la distribution des cartes d’adhésion au plan de chasse grand gibier. Nous prenons contact avec le nouveau bureau et discutons des modalités de notre arrivée dans le groupement.

Nous recevons les documents pour l’assos ainsi que le calendrier pour cette nouvelle saison.

À l’issue nous avions prévu de faire un affût prêt des cultures d’un maraîcher qui se plaint depuis plusieurs jours de la présence de sangliers dans ces plantations.

Guillaume appelé pour une seconde réunion nous accompagnera sur zone pour voir les dégâts et nous quittera.

C’est effectivement très fréquenté.

Aurel pourtant motivé m’abandonnera également pour raison familiale.

Tant pis, je prépare mes affaires et vais prospecter côté bois. Difficile de savoir par quel itinéraire les animaux arrivent.

Le vent n’est pas forcément favorable. Désireux de voir la prairie je reste sur la lisière sud et tourne un long moment avant de me décider à grimper.

Un frêne têtard qui me permet de ne pas utiliser mon step sera mon perchoir.

J’installe la plateforme un peu plus haut dans le but d’avoir un visuel sur une partie des jardins. Je suis en train de terminer l’ouverture de mes fenêtres lorsqu’il me semble entendre grommeler.

Ça se confirme, une compagnie m’arrive du bois et pas à ma main.

La branche qui me gêne sur cet angle n’est pas encore coupée.

Un premier animal longe la lisière et se retrouve sous mon affût avant de se raviser et de rentrer dans le bois. Elle semble un peu inquiète et me contourne. J’ai fait un mouvement de trop pour passer mon arc de l’autre côté du tronc.

Elle est là à 6 mètres tête en l’air. Une partie de la compagnie a suivi sa première trace et se retrouve sur ma gauche.

Je vois au moins deux laies, trois bêtes rousses et quelques marcassins.

Ils ont franchi le passage rapidement ce qui m’oblige à faire de même pour repasser le tronc et aligner mon Arc.

À 12 mètres un animal est stoppé plein travers.

Je monte mon bras et prends ma visée.

Il fait pourtant encore bien clair mais mon pin’s et quasiment invisible.

Je me concentre d’avantage et lâche le tube.

L’animal prend la fuite en entrant dans le bois 40 mètres derrière moi.

La laie qui me tournait autour poursuit ses allers retours en regardant toujours dans ma direction à des distances qui lui auraient coutées la vie si je n’avais pas déjà décoché.

Au bout de plusieurs minutes, je descends de mon affût pour analyser la flèche à l’anschuss qui est bien marqué.

Je pose mon Arc au pied de l’arbre, ouvre mon sac et m’équipe d’une lampe et de mon couteau.

Je commence la recherche aux sangs qui est assez facile.

J’arrive à la lisière et remarque que la laie est toujours là et qu’elle se rapproche.

Je retourne à mon poste pour me saisir de mon Arc afin de poursuivre ma recherche plus sereinement. Je localise l’entrée de mon animal dans le fossé. La laie grommelle et se rapproche dangereusement.

La seconde laie est également dans la prairie un peu plus loin. Mon projecteur ne la dissuade pas et elle se fait pressente.

À 5 mètres je décide de stopper cette agression en décochant un tube de légitime défense. A l’impact elle pousse un cri et décampe dans le bois avec l’empennage dépassant de l’épaule. Le tir 3/4 avant n’a pas permis sa traversée.

Je reprends un peu mes esprits. Je ne sais pas ce qui se serait passé si je n’avais pas décoché. J’aurais peut-être pu crier mais sur le moment je n’y ai pas songé.

Bon, maintenant deux animaux à rechercher.

Je poursuis la piste sur le premier qui se perd dans un gros roncier 30 mètres après le fossé.

Je bascule sur la seconde. Pas de sang sur les 20 premiers mètres jusqu’à ce que je vois enfin une tache amarante sur un petit tronc. Quelques mètres plus loin je vois bouger en bordure du roncier ce qui me fait stopper net. J’observe et décide de récupérer mon Arc laissé au niveau du barbelé.

Quand je reviens, elle a disparue mais je l’entends souffler dans les ronces.

J’allume la lampe et essaye de savoir dans quelle position elle se trouve. La trouée est étroite mais je décide de la doubler pour abréger la situation.

Le tir n’est pas facile car maintenant il fait vraiment noir et seul le faisceau de ma lampe m’indique la tache sombre dans les épines. À l’impact elle bouge et se fige deux mètres plus loin.

Je laisse le temps faire son office et rentre dîner au camion. À l’issue je reviendrai pour constater qu’elle n’a pas été plus loin.

Ne pouvant récupérer les bagues que le lendemain je rentre au van pour la nuit qui ne sera pas très reposante.

Aurélien s’est libéré pour la matinée et me rejoint en passant d’abord chez le responsable pour les plastiques bleu.

Je lui conte à nouveau l’histoire, juste pour lui rappeler qu’il aurait pu participer à cette soirée et nous refaisons le trajet jusqu’à l’animal numéro deux allongé. La bague est apposée et nous poursuivrons sur la recherche du premier. L’ayant repris à l’aube j’ai donc pisté en rampant dans tout le roncier non sans lancer quelques jurons pour enfin en sortir près d’une bauge. J’ai ensuite poursuivi le long de la prairie. La recherche collective n’apportera rien de plus, les gouttes de sang sont plus difficiles à voir et plus sporadiques.

L’appelle au chien de sang restera veine car le conducteur est encore en vacances.

Avec l’expérience mais il est toujours possible de se fourvoyer il semblerait que cette belle flèche soit passé un poil trop haut et ne soit qu’une atteinte musculaire.

Du moins, j’espère qu’il en est ainsi.

Nous chargeons le sac de transport dans le van et nous quittons la zone jusqu’à la prochaine sortie.

Tir 5 mètres

Fuite 73 mètres

Poids 65 kilos environ

Lame Rage hypodermique

Atteinte foie intestin et peut-être la pointe d’un poumon

Le second tube entrera dans le cuissot et sur la longueur de l’animal jusqu’à l’empennage.

Sanglier longevilles

Le brocard d'été de st Gemme

Laissé de côté depuis plusieurs années, j’ai déjà effectué quelques reconnaissances sur ce petit bout de territoire ce début d’été.

La surveillance d’un maïs pour un agriculteur y étant certainement pour beaucoup.

Il était convenu de faire une sortie ce mercredi 28 juillet avec mon binôme, mais malheureusement le jeune padawan a dû se désister, activité professionnelle oblige.

Je pars donc seul au lever du jour. Le parcours et rapide pour me retrouver sur le parking.

La stratégie est déjà programmée. Je remonterais à bon vent le fossé limitrophe avec l’autre commune.

Sac sur le dos et Arc à la main je prends la piste qui arrive derrière le petit bois.

Je surprends un beau rag qui détale se réfugier dans son terrier bien sec.

Je poursuis dans le fossé qui me permet un déplacement discret lorsque sur ma droite je repère une tache caractéristique.

Un coup de jumelle me confirme qu’il s’agit bien là d’un brocard.

Le fossé perpendiculaire va me faire gagner une cinquantaine de mètres mais après cela risque d’être compliqué car il n’y aura plus de couvert.

Les quatre-vingts derniers mètres en plein champ seront infranchissables.

Je l’observe plusieurs minutes calées dans une petite fenêtre dégagée.

Il n’est pas décidé à se rapprocher.

Je sors le Butollo et lance deux petits appels.

L’effet est immédiat, il relève la tête droit dans ma direction et se rapproche rapidement. À une vingtaine de mètre il s’immobilise et semble m’avoir détecté.

Ma silhouette est pourtant bien dissimulée.

Il tourne en gardant ses distances.

Mon Arc est déjà prêt entre les cépées.

Je relance un call plus étouffé et reprends mon décocheur.

La curiosité est un vilain défaut, le bonhomme avance en bombant le coffre. Il est de 3/4 avant, l’Arc est armé et le pin’s se pose sur l’omoplate. Le pouce libère le D’loop. Un petit bruit sourd résonne dans le marais. Le broc fait demi-tour en traversant la prairie. Je le perds de vu avant qu’il ne rentre dans le bois d’en face.

Quelques secondes s’écoulent et j’entends dans ce même bois un animal aboyer en bondissant. Un léger doute s’immisce dans le coin de ma tête.

La, non, ce n’est pas possible. Il est vrai que le tir était proche et je n’ai pas vu la flèche sur sa trajectoire mais je ne pense pas avoir fait une mauvaise atteinte.

Je laisse le matériel dans le fossé et me déplace à l’anschuss.

Les taches amarantes sont bien visibles et en quantité, mais une mauvaise expérience d’une belle piste aux sangs avec aucun animal au bout me hante encore.

Je passe plusieurs minutes à chercher le tube qui me donnera plus d’indices.

Rien…

Je décide de poursuivre la piste dans le champ jusqu’à l’entrée du bois.

Son itinéraire est très facile à suivre le bandeau rouge est bien visible.

Il sera allongé quelques mètres avant la lisière.

Ce n’était donc pas lui qui a aboyé dans le bois.

J’appose la bague et rapproche le petit prince de son dernier point de fuite.

Une petite séance pour immortaliser cette belle matinée et un petit cliché dédicacé à Aurel.

Toujours le même dilemme en se début de saison. Flécher maintenant ou attendre pour profiter d’un plus grand nombre de sortie??

C’est fait. J’irai aux ragondins…..

Tir effectué à 12 mètres

Fuite de 42 mètres

Atteinte cœur poumon.

Bonne flèche à tous.

Broc d'été sglp

L'ours des Laurentides

L'Ours

Janvier 2025 Alex m’appel.

Il prévoit d’organiser un gros séjour à l’ours pour 2026.

Ma réponse est oui avant qu’il ne termine sa question. Je ne pouvais pas rester sur une désillusion.

Octobre, confirmation de l’expédition. À distance nous nous organisons pour prendre les mêmes avions pour un départ début juin.

Ce qui laisse quand même une longue préparation, mais comme souvent tout se fera au dernier moment. J’ai reçu par le vieux à la barbe blanche mon nouveau compagnon de sortie mais la fin de saison m’oblige à rester avec le Lift.

Il passera plus tard en back-up. L’option prise et de pouvoir basculer les accessoires de l’un à l’autre. Après moultes réflexion je partirai avec le Lift ce qui m’impose de refaire les réglages du viseur qui a retrouvé sa place initiale. Et ceux la semaine précédant la date fatidique. Le camion quant à lui est prêt la veille du départ pour le Gers. Le choix de décoller de Toulouse me permettra de poursuivre mon expédition dans les Pyrénées dès notre retour.

Le Point négatif de cette organisation et que le vol pour Québec s’effectuera avec deux longues escales au lieu d’un direct en partant de la capitale.

Samedi 06 juin, moteur en marche à 09h00 et après une petite pose rapide chez des amis à Marmande, je pose enfin le camion chez Alex à 18h30.

Début des déconvenues.

Devant la pizza, nous constatons que suite aux multiples décalages des horaires d’avions survenus durant les six derniers mois nos billets retours ne correspondent plus.

Lui rentre bien le samedi comme prévu alors que mon décollage de Québec est reporté au dimanche.

Moment de stresse car cela lui imposerait la prise d’une matinée de plus de vacances pour venir me récupérer le lundi matin à l’aéroport.

Bon, les escales à Munich et Toronto devraient nous permettre de résoudre ce petit contretemps.

Réveil 04h00, sa pique un peu sachant que le petit détail précédemment cité nous a tous les deux perturbé.

Tous se passera bien à Toulouse avec tout de même une petite accélération du cardio lorsque l’hôtesse nous dira que nos AVE ne sont pas bon avant de rectifier. Oufff.

Cinq heures à Munich ou aucun problème majeur ne sera à déplorer.

Toronto, c’est là que cela se complique.

Comme pour le séjour précédent, il faut passer par la case douane en replissant le questionnaire à la machine.

À la question importez-vous des armes à feu ou autre il est conseillé de répondre par l’affirmative.

Le billet et imprimé et l’attente dans la file pour un contrôle physique débute.

Panique chez le policier qui sort de son kiosque pour interroger son voisin.

Et comme la dernière fois un signalement et lancer pour extraire nos bagages de la correspondance pour un contrôle.

Nous descendons donc au sous-sol pour rejoindre les douanes.

J’explique la situation à un nouvel agent.

Entre temps, suite aux informations apportées par Alex en précisant qu’il ne s’agissait là que d’arcs, un second douanier nous annonce qu’effectivement il n’y a rien de particulier et que nos bagages seront bien renvoyés sur le vol vers Québec.

Le doute s’installe.

Nous passerons le reste de cette escale à essayer de connaître la position de nos deux valises. Renvoyés à plusieurs guichets sur plusieurs étages.

Normalement c’est bon.

Ce qui sera notre devise durant ce séjour.

Nous profitons des dernières minutes pour régler le problème du mon retour.

Normalement c’est bon.

Arrivé à Québec après un vol du type Futuroscope ou grand 8, nous débarquons pour une longue attente dans la salle des bagages.

Comme nous le craignons les deux valises sont manquantes.

Mathieu, le bosse de la pourvoirie nous rejoint pour remplir les dossiers au bureau des réclamations.

01h30, nous quittons enfin l’aéroport avec un des deux Guillaume qui est arrivé plus tôt par un vol Air Transat.

Sortie du terminal et trois biches sur le bas-côté nous laissent les observer.

Une bonne heure de route et nous parvenons enfin à la destination finale.

Un petit chalet en bord de lac pour trois archers exténués.

Malgré la fatigue et le décollage horaire son confort ne nous autorisera pas la bonne nuit de sommeil tant espérée.

Début de matinée avec un petit déjeuner à la canadienne et quelques tubes décochés pour Guillaume. Le Guillaume 2 arrivé également la veille mais beaucoup plus tôt était resté à l’hôtel, nous rejoindra pour midi. Dans son sillage enfin nos bagages déposés par Mathieu.

Un grand ouf de soulagement.

Le petit déjeuner pas encore digéré que nous repassons à table.

Le temps de remonter le viseur sur le Lift et lâcher quelques flèches de vérification que déjà nous devons partir au poste.

J’embarque dans le char de Mathieu avec Alex pour le début du parcours. Sur la seconde partie je bascule dans le véhicule d’Éric sur une bretelle pour rejoindre enfin mon poste.

Il y a 120 spots environ sur les 4000 km2 que représente la zone de chasse avec plus de 2000 lacs. C’est gigantesque et magnifique.

Après une heure de route, mon guide stop le 4x4. Débarquement en toute discrétion pour les derniers mètres. Je grimpe sur l’échelle pour m’installer sur le Ts. Je fixe l’assurance sur l’arbre d’à côté et prépare la cam, découpe quelques branches de sapins posées en paravent.

Pour un tir assis, je devrais me pivoter légèrement et avancer sur le siège pour que le bas de ma poignée ne touche la branche qui supporte tout le camouflage. Un tir debout ne sera pas possible, une branche de sapin trois mètres devant obstrue la vue et les deux de derrières m’empêche d’armer.

Je suis bien en place. Les écureuils se chamaillent et se courent après dans tout le bois en sifflant leurs mécontentements lorsqu’ils se retrouvent à partager leurs pitances au « bait » . Les minutes s’écoulent avec ce spectacle distrayant. Puis….

Plus rien. Les squirels ont disparus alors qu’une masse noire descend sur le bidon. Le cardio s’accélère. Mon manque d’expérience ne me permet pas d’évaluer correctement son poids mais je sais qu’il est plus gros que lors de mon premier séjour.

C’est le premier soir alors bien sûr la question se pose.

Tirer ou ne pas tirer???

Il semble inquiet, lève régulièrement le museau en l’air pour détecter un éventuel danger.

Il se lève, disparaît pour revenir quelques minutes plus tard.

Troisième apparition, c’est peut-être un signe. Il faut savoir saisir l’opportunité quand elle se présente. J’arme doucement et me décale sur l’assise. Sur cette boule noire ce n’est pas évident de trouver le pou sur le poil des poumons. Le tube est déjà parti, traverse l’animal et se fige dans un tronc au raz du fût. L’ours trébuche et disparaît d’où il est venu. J’ai mémorisé la trajectoire de l’encoche lumineuse et cette fois je crois que je suis un peu haut. Ça ne va pas recommencer.

Je reste concentré et surtout à l’écoute. Quelques secondes s’égrènent. Le silence est troublé par du bois cassé et ce qui me semble être le dernier râle.

C’est ce que j’attendais. Ce dernier souffle qui résonne dans la forêt que produit cet animal avant de partir. Mais le doute est toujours là, je m’empresse de vérifier la vidéo. Sa position s’avère un peu différente que ce que je pensais lors de la décoche. Je descends l’arc et me rend à l’anschuss. Je constate que le tube n’est pas vraiment imprégné. À coup de couteau je libère la lame de la bûche mais pas plus d’indice. Je parcours les premiers mètres sur la piste qu’il a emprunté à leurs recherches sans succès. Ce n’est pas pour me rassurer.

Je sais que c’est un animal qui ne laisse pas forcément de voie.

Je remonte sur le TS et bascule la vidéo du tir sur le mobile pour visualiser au ralenti.

L’analyse de la trajectoire ne peut pourtant laisser aucun doute et se sont dans le bois était à coup sûr ce que j’espérai.

Je désinstalle le support cam, charge mon sac et descend du Ts. Je quitte la zone tranquillement pour rejoindre la piste.

Il est encore très tôt et la récupération se fait à la nuit.

Par chance, à peine sur le point j’entends un véhicule.

Je l’intercepte et demande au conducteur s’il m’était possible de lui emprunter son mobile afin de prévenir Mathieu.

L’attente ne sera que de quelques minutes. Il était déjà en chemin.

Je lui explique la situation. Il s’équipe et nous voilà reparti à l’anschuss. Je prends la voie et indique à mon pisteur la direction dans laquelle il me semble avoir entendu l’agonie, alors que je me décale dans la pente à la recherche d’indices.

Il ne faudra pas très longtemps pour que l’annonce de la mort ne me sorte de mes pensées.

Je rejoins Mathieu qui est tout aussi contant que moi.

Quelques clichés dans le biotope et nous rebroussons chemin avec un ours.

Détour sur un spot en altitude qui domine une grande zone du territoire pour une nouvelle séance de photos.

Il nous restera au moins deux bonnes heures à tuer en attendant la nuit pour le pickup d’Alex qui n’aura rien vue ce soir.

Les deux Guillaume auront eu de l’action sur leurs postes.

Le lendemain matin, découpe de quelques morceaux d’ours en prévision d’un déjeuner suivi d’une petite séance d’optimisation du matériel pour les deux G.

Le soir Guillaume A. m’autorisera à l’accompagner pour le filmer.

La réussite sera au rendez-vous avec également un bel ours d’une centaine de livres. Une petite recherche sera nécessaire malgré la cinquantaine de mètres parcourus.

Sans indices, je m’étais stoppé avant de franchir le ruisseau et en fait il était juste après. Le chien lui, n’a pas hésité une seconde.

Le mercredi j’accompagnerai Alex qui n’a rien vu des deux premiers soirs.

La situation se débloque vers 20h35 avec un beau spécimen descendant au bidon.

La luminosité est plus basse et lorsque j’allume mon portable en mode vidéo, le flash éclaire tout le blind. L’ours quitte la zone. Alex est dépité, et moi, mortifier. Heureusement 10 minutes plus tard la masse sombre est de retour.

Inquiète mais présente, mais cette fois c’est le son du pickup sur la piste qui le fait fuir.

Sans moyen de communication sur ce spot, Mathieu passe de temps en temps pour s’enquérir de la situation.

Personne sur le point, il poursuit sa route mais pour nous c’est la seconde chance qui file.

Par chance après un quart d’heure de plus, l’ours est de retour et cette fois rien pour venir contrarier l’action.

L’impact résonne dans le bois et après quelques mètres le râle salvateur.

Nous rangerons nos affaires et déposerons l’ours au rdv en attendant le passage de notre chauffeur.

Guillaume L. Sort enjoué du 4w4, il a fléché également son ours à collier vu la veille.

Nos missions effectuées nous pouvons donc honorer l’invitation de Mathieu en partant le lendemain soir au 1 an d’ouverture du restaurant de son petit frère Cablou.

Ce fut une superbe soirée avec grosse ambiance.

La décision est prise que nous retournerons à Québec le vendredi après-midi pour faire quelques emplettes.

Nous resterons sur place à l’hôtel après un petit resto sympa dans la vieille ville.

Le samedi matin arrive vite et il est temps de laisser les deux Guillaume pour aller à l’aéroport.

Le retour sera aussi long mais sans encombre.

Grand merci aux Maniak pour l’organisation de ce séjour et plus particulièrement à Mathieu, à Alex de nous l’avoir proposé sans oublier les deux Guillaume.

Une super ambiance.

Un merci particulier en plus pour Guillaume A pour les deux derniers jours.

En attendant le prochain départ….

Ours 26 1Ours 26 2

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